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International Sound Art Platform & Sound Art Festival

Ouverture de City Sonic 2012 par l’exposition « L’Oreille Interne » de Julien Sirjacq à L’iselp ce 23 août à 18h00

Ouverture de City Sonic 2012 par l’exposition « L’Oreille Interne » de Julien Sirjacq à L’iselp ce 23 août à 18h00

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Julien Sirjacq, plasticien, metteur en forme et en scène de la revue The Bells Angels et insatiable musicophage, découvre, en 2010, par un curieux hasard, les archives du chef d’orchestre Boris de Vinogradov. De cette découverte naît le projet d’exposition L’oreille interne (Spectral Recollection) présenté, du 24 août au 15 septembre 2012 (vernissage le 23 août à 18 heures), dans le cadre des 10 ans du festival City Sonic à L’Institut Supérieur d’Etude du Langage Plastique (L’iselp) de Bruxelles.

Nous publions ici une partie de l’entretien réalisé par Anne-Laure Chamboissier (commissaire artistique de L’oreille interne avec Philippe Franck) avec Julien Sirjacq qui détaille le processus et les fondements de ce projet singulier. L’ensemble de cette conversation ainsi que des textes de Philippe Franck, David Sanson, Patrick de Sinety est repris dans la publication réalisée (édition limitée) à l’occasion de cette exposition.

A l’écoute de L’oreille interne
conversation avec Julien Sirjacq (extraits)

Anne-Laure Chamboissier : Peux-tu nous détailler la genèse de  ce projet ?

Julien Sirjacq : Ce projet a commencé par une coïncidence, celle d’avoir trouvé en face de mon atelier, dans cette zone industrielle de Bagnolet en état de décrépitude avancé, un tas assez important d’objets mêlant des livres, des partitions, des lettres, des bandes magnétiques… Ce qui a stimulé ma curiosité… La présence de ces documents dans un tel endroit m’est apparue pour le moins étrange. Alors que le circuit habituel des Roms qui récupèrent ces encombrant commençait à arriver, je me suis emparé d’une partie de ces archives, ne pouvant tout prendre. Et j’ai commencé à les décrypter pour découvrir qu’elles avaient appartenu à un chef d’orchestre, percussionniste de formation, Boris de Vinogradov, mort; jour pour jour; deux ans avant le 11 mai 2008 dans les Yvelines. Puis, j’ai poursuivi plus loin mon enquête en cherchant sa trace à sur internet. La mention qui m’apparut le plus souvent était son appartenance à l’Ensemble l’Itinéraire dès sa formation dont les fondateurs étaient Tristan Murail, Pierre Dufourt, Michaël Lévinas, Gérard Grisey et Roger Tessier. J’ai alors envisagé très vite le personnage par le biais de la musique spectrale. Cette musique résonnait en moi de différentes manières à travers les questions de spectre sonore évidemment, colorimétrique par extension et la notion d’apparition. Ce fantôme disparu de chef d’orchestre me léguait un héritage, une mémoire physique de son activité au travers de ces éléments qu’il avait collectés, de ces partitions qu’il avait dirigées…

À partir de là, j’ai mis en place un système d’enquête à la fois sur le personnage et la manière dont il s’était illustré dans le champ de la musique contemporaine, ainsi qu’autour de tous les gens qu’il avait pu croiser, en m’apercevant rapidement qu’il avait traversé de nombreuses périodes musicales depuis sa formation.

À travers les lettres adressées à sa mère, la première trace que j’ai de lui remonte à 1954-1956, période à laquelle il semble être mobilisé en Algérie, apparemment blessé, il ne peut passer ses concours de percussion au conservatoire. Je retrouve sa trace ensuite en 1959, année de son diplôme. Puis grâce à une carte postale, je découvre qu’il est en 1961 à New York avec Berio. Dans ses objets se trouve le disque Circles, pièce de Luciano Berio de 1960 d’après le texte du poète E.E Cummings avec comme percussionnistes lui-même, Jean-Pierre Drouet, Cathy Berberian à la voix et un harpiste. Il se dirige ensuite vers le travail de direction semblant étudier dans un premier temps avec Boulez. Proche de Diégo Masson avec qui il dirige avec lui au milieu des années 60 la série de concerts «Musique vivante», puis prend la tête de nombreux orchestres, tels que l’Orchestre National de Radio-France, l’Orchestre de Chambre de l’O.R.T.F., ou encore les Orchestres Régionaux de Mulhouse et de Nice. Il fut un des co-fondateurs en 1973 de l’Ensemble l’Itinéraire

Anne-Laure Chamboissier  : Face à cette multiplicité de sources de différentes natures (cassettes, cartes postales, lettres, partitions…), as-tu procédé par classification ? Quel fût le procédé d’identification de ces archives éparses ?

Julien Sirjacq : Dans l’ensemble des objets qu’il y avait, j’ai privilégié les supports de diffusion, c’est à dire les partitions, les cassettes, les disques, les bandes magnétiques et les revues. J’ai vite pris conscience que que je ne pouvais pas accéder à un certains nombres de choses à l’intérieur de ces archives, soit pour des questions d’obsolescence technologique, soit parce que les informations n’existaient plus, ou n’étaient pas stockées sur internet ni dans les livres.

En prise avec ces archives, un deuxième problème se posait à moi, la trajectoire sinusoïdale de Boris de Vinogradov laquelle m’empêchait de reconnecter certains éléments les uns aux autres. Il avait en effet expérimenté un certain nombre de choses : le Hörspiele, la musique de chambre, l’opéra, la musique électro-acoustique aussi bien que la musique de film. Une sorte de galaxie liée à ce personnage, à ses centres d’intêret, le milieu musical dans lequel il évoluait prenait une forme au sein de laquelle des trous mémoriels se dessinaient. Je pris alors le parti de fictionner ces trous dans le récit, ces manques, cette discontinuité, pour m’emparer de l’histoire sans opérer un traitement relevant du documentaire.

J’ai travaillé sur cette idée d’un fantôme et du fait de retenir la disparition d’un personnage qui a été chef d’orchestre, en me posant la question de ce qu’est un chef d’orchestre et par conséquent, cela posait la question de l’interprétation. Ainsi, j’interprétais toutes ces archives, de la même manière qu’on interprète une pièce écrite à partir d’une partition.

Anne-Laure Chamboissier : En tant que plasticien, un postulat très clair me semble avoir été pris de ta part qui est de t’emparer de ces archives et de les retraiter, de les réinterpréter par des interventions diverses qui relèvent pour une grande part de la sérigraphie, quel fut là aussi ta manière de procéder ?

Julien Sirjacq : Dans cette exposition, j’ai exploité différents procédés d’impression, ce qui m’a semblé logique dans la mesure où tous les supports que j’avais entre les mains que cela soit des lettres, des partitions, des disques ou des bandes magnétiques ne sont que des supports imprimés. J’ai décidé alors de traîter ces archives avec les médiums qui sont les miens la sérigraphie, mais aussi le livre qui regroupe l’ensemble de ces archives. Ma problèmatique en tant que peintre fut la suivante : comment rendre le son, comment représenter le son ? Ainsi, j’ai procédé dans ce travail de sérigraphie via des systèmes d’ondes, d’effet moirés, de superposition de trames. C’est l’aspect mécanique, répétitif de la trame que j’assimile à un principe de boucle qui peut influer sur la lisibilité. [...]

 

 

  • Julien Sirjacq « vu du web »

Julien Sirjacq : Darwin Social Club, la vie en noir et rose…
critique de l’exposition à la Galerie Eva Hober – 2007
Par Yaël Hirsch

Dans une saisissante installation mettant face à face un serpent et une souris, ou avec les grands singes, Julien Sirjacq interroge l’animalité de ses contemporains et investit son art au cœur des tabous les plus refoulés de nos civilisations (inceste et anthropophagie).

Lors de la FIAC 2005, on ne pouvait manquer la saisissante installation de Julien Sirjacq: dans la transparence d’un dispositif en plexiglas, un faux serpent corail et une souris se trouvaient confrontés. Personne ne se demandait vraiment qui allait manger qui, et tout le monde craignait l’inévitable. Le dispositif vide est exposé à la Galerie Eva Hober, assorti d’un film réalisé par l’artiste qui donne le «faim» mot de l’histoire.

La transparence in vivo

© Julien SirjacqQue les amis des souris se rassurent, pendant les quelques jours que durait la FIAC, le petit animal qui suscite tant d’empathie n’a pas été dévoré. En noir et blanc sur une vidéo, Julien Sirjacq a filmé le chassé-croisé des deux animaux que le plexiglas séparait parfaitement. En revanche, un serpent doit se nourrir pour vivre; l’artiste en rend compte en couleur, par flashs dévoilant la scène primitive de la dévoration. Une musique spécialement composée pour la vidéo suit à la trace le rythme des lignes sinueuses décrites par le serpent ainsi que les déplacements saccadés de la souris. Dans ce même esprit scientifique d’expérience comportementaliste, Julien Sirjacq fait surveiller la galerie Eva Hober — de la rue au bureau de la direction — par une petite souris blanche qui se déplace dans un panoptique à l’horizontale. La double transparence introduite au sein du fameux schéma architectural imaginé par Jeremy Bentham fracture la distopie sans l’annihiler: la souris et le visiteur se voient évoluer l’un l’autre, et cette totale transparence prônée par le système libéral de marché semble encore renforcer l’effet de surveillance.

[...]

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Ame des cavernes
Julien Sirjacq à la galerie Eva Hober
critique de l’exposition « Primitive Structures » – 2009

Avec l’exposition Primitive Structures, Julien Sirjacq interroge les origines animales de l’homme et les « strates » d’images. Pour Mouvement.net, l’artiste revient sur son exposition et sur son récent attrait pour la sérigraphie.

Cette nouvelle exposition chez Eva Hober me semble être une synthèse de ce que j’ai pu voir ces dernières années…

Julien Sirjacq : « Le titre Primitive Structures pose encore une fois la question des origines animales de l’humain. C’est une question récurrente, dans mon travail, déjà posée précédemment dans le même lieu avec Le Darwin Social Club. Elle est originelle dans ma démarche de peintre. Dès l’age de 16 ans, après avoir découvert Le Caravage, Bacon et Aillaud, je ne peignais que des animaux dans des univers carcéraux. C’était une préoccupation de l’ordre d’une métaphysique d’adolescent, assez basique. Chez Aillaud, ce sont des animaux enfermés, qui ont l’envie de disparaître et qui cherchent à se fondre dans les décors que l’on a reconstitués pour eux. Je voulais, dans cette exposition, perpétuer une généalogie volontairement visible dans les travaux précédents et reprendre les formes que ceux qui ont vu mon travail connaissent. Je voulais mettre en avant la question du devenir animal. [...]

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A spectral recollection / Radio Suisse Romande / Cycle d'émissions Musique en Mémoire de Anne Gillot / 1-5 septembre 2014 : Sur les traces de Boris de Vinogradov

Fragments du Futur :: Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) :: Caen

Nicolas Jorio + Julien Sirjacq - Set/30' part1

Nicolas Jorio + Julien Sirjacq - Set/30' part2

Nicolas Jorio + Julien Sirjacq - Set/30' Part3

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