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Park in progress : De la création interdisciplinaire in situ – Interview de Patrice Bonnaffé (Pépinières européennes pour jeunes artistes)

Patrice Bonnaffé est directeur et stimulateur des Pépinières européennes pour jeunes artistes (réseau international majeur pour la création contemporaine qui regroupe 30 pays et une centaine d’opérateurs dont Transcultures est coordinateur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles) présente ce projet européen initié par les Pépinières et axé sur la mobilité non seulement des artistes mais aussi des professionnels de la culture, qui s’intègrera dans City Sonic à Mons dès le 6 septembre 2013 pour l’ouverture du festival avec la Nuit européenne de la jeune création.

Ce grand événement mettra en scène les productions bouillonnantes issues de la résidence passée en extérieur à Mons sur le site des anciens Abattoirs où est installé Transcultures, également co-organisateur de Park in progress. Ce parcours performatif composé par une vingtaine d’artistes issus de disciplines différentes, donnera lieu ensuite à une exposition « Sounds in progress » dans la Grande Halle des anciens Abattoirs avec des installations, projections et dispositifs des artistes de ce septième Park in progress dont le son, dans toute son indisciplinarité, est le trait d’union.

 

 

Transcultures : Vous avez initié le projet Parkinprogress avec les Pépinières européennes pour jeunes artistes avant qu’il devienne un projet européen. Qu’est-ce qui a présidé à son lancement et comment a-t-il évolué à la faveur du projet européen ?

Patrice Bonnaffé : Parkinprogress a toujours été un projet européen soutenu par le Commission européenne. Parkinprogress était l’action de diffusion du programme map XXL, programme fédéré par le concept « rencontrer l’autre et produire ensemble ». Les trois premières éditions qui se sont déroulées en France dans le parc de Marly le roi , ont eu un tel succès, tant auprès des artistes que du public, que nous avons décidé d’en faire un programme de mobilité itinérant à part entière.

Les premières éditions avaient montré que ce moment de rencontre, dans un lieu défini, un parc, avec un projet commun à mettre en oeuvre -, un parcours déambulatoire nocturne, nourrissait de nouveaux projets, tous transdisciplinaires et favorisait l’émergence de collectifs ou de compagnies rassemblant des artistes venus de toute l’Europe. The washing machine crée à l’occasion de ces éditions, compagnie européenne dédiée à la rencontre entre la danse et d’autres expression, basée aujourd’hui à Bruxelles en est un des exemples les plus réussis. Depuis ces premières éditions, le projet a évolué.

De nouveaux partenaires se sont impliqués et le programme est partagé, avec eux, dans le cadre d’un parcours qui relie plusieurs capitales européennes. les premières éditions Paris, Pannonhalma (Hongrie), Nottingham, et les quatre suivantes, Mons, Berlin, Luxembourg et Chypre confirment que Parkinprogress favorise l’émergence d’une jeune génération d’artistes et de professionnels de la création capable de travailler ensemble à le mis en oeuvre de productions transdisciplinaires d’envergure européenne et internationale.

Park in progress favorise la mobilité des jeunes artistes européens. Comment celle-ci se manifeste-t-elle sur le terrain ?

P.B. : Parkinprogress favorise la mobilité des jeunes artistes et leur permet de rencontrer d’autres artistes de champs d’expression différents et des professionnels de la création venus de toute l’Europe. Parkinprogress est un moment de partage unique et singulier, où peuvent s’imaginer, s’expérimenter de possibles projets sources de régénération créative et d’enrichissement personnel. Les sites parkinprogres.eu, e.mobility permettent aux artistes, avant de participer à une édition de Parkinprogress, d’avoir des échanges, de découvrir les démarches et les réalisations des autres dans la plus totale liberté.

Les rencontres sur le terrain, dans un parc, la nuit, sont pleines de surprises et fructueuses. Lorsque le collectif livescape, rencontre Claudio Stellato, chorégraphe, jongleur, magicien de l’esquive, il y a dans la découverte de l’autre, un moment de risque, de mise à nu, qui produit de nouvelles formes de création, que le public découvre dans toute sa fraicheur. Un moment unique à partager. En 2012 plus de 200 jeunes artistes et professionnels de la création ont participé aux deux éditions de Parkinprogress. Au fil des derniers parkinprogress plus d’une trentaine d’artistes ont constitué un noyau solide qui se retrouve pour échanger et développer de nouveaux projets ensembles. Certains artistes se sont particulièrement investis dans cette démarche comme Claudio Stellato, Carmen Crus, Klaus Frutchnis, Matt CoCo…

Park in progress est une manifestation contextuelle et forcément très différente entre par exemple le domaine de Saint-Cloud, l’abbaye bénédictine de Pannonhalma en Hongrie ou encore le site des anciens Abattoirs à Mons ; quelles seraient certaines récurrences au niveau des difficultés rencontrées mais aussi du type de synergies que ce projet peut générer ?

P.B. : En effet tous les lieux qui participent à Parkinprogress sont différents. Toute la richesse de ce programme de mobilité itinérant, réside dans la diversité des expériences qu’il propose. Elle sont liées aux contextes humains, sociaux, environnementaux et culturels, qu’il traverse. La plus part des artistes, qui se tournent vers ce projet, peuvent avoir, au travers de leur démarche, une sensibilité pour l’autre et le contexte dans lequel il évolue. D’un point de vue artistique, depuis la toute première édition de Parkinprogress, les artistes ont toujours montré leur capacité, dans la rencontre à l’autre, à faire oeuvre de création partagée.

Les difficultés semblent davantage liées à l’organisation et à l’accompagnement des artistes, sur le terrain. Une écoute bienveillante, une sensibilité artistique fine, une compréhension des démarches et une bonne connaissances des contextes favorisent incontestablement les rencontres et la mise en oeuvre de projet transdisciplinaires.

Quels types de développement espérez-vous pour Park in progress qui se clôtura fin 2014 ? Comment fait-il rebond (ou pas) sur l’évolution du programme des Pépinières que vous menez par ailleurs ?

P.B. : Si les Parkinprogress suivants confirment le mouvement qui se dessine, l’émergence d’une communauté d’artistes et de professionnels de la création, venus de toute l’Europe, capable de produire ensemble, on peut penser qu’une prochaine édition, pourra être mise à l’étude avec les partenaires des Pépinières européennes. Cette nouvelle édition plus ouverte pourrait impliquée davantage les acteurs dans de nouvelles économies à explorer.

L’expérience de Parkinprogress nourrit les autres programmes existants et nourrira les programmes à venir. L’ouverture décidée il y a deux ans, par l’ensemble des acteurs de pépinières, qui vise à permette à tous jeunes professionnels de la création, interprètes, techniciens créateurs, régisseur général… de participer aux programmes des pépinières, créer de formidables synergies entre artistes et professionnels et offrent de nouvelles perspectives en termes de professionnalisation, de programmation et de diffusion.

Posté le août 7th, 2013 par transcultures.

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